Pasteur-e

Martin Hauser
Il y actuellement tant de manières de penser les ministères dans les Eglises ! Par conséquent, il y a aussi - souvent sous la pression des urgences - des décisions d’Eglises protestantes inhabituelles en ce qui concerne les ministères.
Martin Hauser,
Ce sont le manque de pasteur-e-s et un besoin accentué de laïques pour assumer des fonctions ecclésiastiques qui conduisent quasi naturellement à cette tendance et à la prise de nouvelles décisions.
Cependant, avant de progresser trop hâtivement, les Eglises protestantes en général, ainsi que les Eglises réformées de Suisse, feraient bien de tenir compte des donnés suivants:

- Il est vrai que le Nouveau Testament connaît une pluralité de ministères qui ne sont pas forcément hiérarchisés. Chaque ministère est porté par un charisme particulier et au bénéfice d’au moins d’une communauté. Les femmes font partie des personnes qui exercent des ministères particulièrement importants. L’ordination n’est pas encore bien définie et mentionnée seulement marginalement.1)
- C’est à travers l’histoire que les Eglises (les communautés) ont rendu quelques ministères plus importants, ce qui a conduit à la fameuse triade ‘évêque - ancien (prêtre) - diacre’. Ces ministères ont été dotés d’une ordination (consécration). En outre, ils ont été attribués à des hommes, à l’exclusion des femmes, sauf le diaconat. Avec le temps, la position de l’évêque est devenue la plus éminente parmi les ministères importants. Il lui revenait l’autorité théologique et sacramentelle principale. Il était finalement considéré successeur d’apôtre (succession apostolique).
- Au moment de la Réforme, ce sont bien des prêtres qui sont devenus des ‘pasteurs’ (ainsi, par exemple, Luther et Zwingli). Les réformateurs ont considéré que, les pasteurs ayant été consacrés par des évêques, la succession apostolique était en quelque sorte sauvegardée 2), ce qui permettait à ces pasteurs de transmettre le ministère à d’autres pasteurs par consécration.
- Même le Concile de Trente (1545-63) n’a pas rejeté le ministère pastoral tel qu’il était pratiqué dans les Eglises issues de la Réforme, selon une affirmation du cardinal W. Kasper.
- Les quelques remarques qui précèdent nous font comprendre que le ministère pastoral a déjà une longue tradition. Étant donné qu’il est traditionnellement reconnu pour assumer la responsabilité théologique et l’administration des sacrements 3), il assume une fonction clé, et cela depuis bien des siècles. Si nous y sommes attentifs, nous pourrons récolter un bon nombre de témoignages concernant des pasteur-e-s qui ont joué des rôles significatifs dans les vies humaines. Hélas, cela n’exclut pas les abus qui ont eu lieu.
- Ergo : Les discussions actuelles 4) qui se déroulent dans les Eglises et portent sur les ministères devraient donc tenir compte du rôle spirituel, symbolique et ‘simplement’ culturel que le ministère pastoral a joué et joue encore.


1) Hauser, M., ‘Berger ou troupeau : une alternative ? - Approche protestante de la question du sacerdoce et du ministère’, L’Impartial, 31octobre 1990

2) Hauser, M., ‘Prophet und Bischof - Huldrych Zwinglis Amtsverständnis
im Rahmen der Zürcher Reformation’, 1994, 290 pp.
La Suède représente une exception partielle intéressante, dans le sens
que l’évêque catholique-romain de Vasteras est passé à la Réforme en
tant qu’évêque, cf. ibidem p. 229.

3) cf. ‘Theologische Verantwortung in der Kirchgemeinde’, éd. par
A. Steiner, 2025, pp. 28

4) cf. ‘Zürcher Disputation 84 Ergebnisse’, 1987, par ex. pp. 61ss..
C’est en fait la preuve que la discussion a déjà eu lieu, il y a 40 ans !

Martin Hauser, membre Comité SPS
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