Sektion Bern

Eglise-Etat: Avec courage vers un avenir sûr

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Kirche mit Ballonen

Pourquoi on devrait dire "oui" à une réforme plus complète de la politique ecclésiale et religieuse.
Michael Graf, Präsident Pfarrverein,
Société pastorale Berne Jura Soleure

Eglise-Etat:

Avec courage vers un avenir sûr

Pourquoi on devrait dire "oui" à une réforme plus complète de la politique ecclésiale et religieuse.

Pourquoi on devrait dire non à une proposition à courtes vues qui prévoit le transfert des ecclésiastiques.

Comment le Grand Conseil peut amener le canton de Berne à jouer un rôle de pionnier.

Le Conseil exécutif du canton de Berne propose un "développement" des relations Etat - Eglise. Cette formulation est une fausse désignation, et ce à double titre: d'une part, les relations n'évolueront pas, mais seront pratiquement abandonnées; et d'autre part, elles ne seront pas "développées", mais au contraire bloquées.

La Pastorale en tant qu'association professionnelle du corps pastoral bernois se défend contre ce projet. Elle ne croit pas que ces propositions servent la population du canton de Berne. Elle est fermement convaincue que des réformes plus complètes et plus ambitieuses sont nécessaires. Il serait temps aujourd'hui que le canton de Berne revête un rôle essentiel de pionnier en matière de politique religieuse. Des propositions existent qui vont dans ce sens. En tout état de cause, il n'est pas certain que le Conseil exécutif ait la volonté d'emprunter de nouveaux chemins constructifs et orientés vers l'avenir.

Ce que le Conseil exécutif ne veut pas et ce qu'il veut peut-être:
Le rapport du Conseil exécutif (sur les relations entre Etat et Eglise) souligne avant tout ce que le gouvernement ne veut pas et ce qu'il n'aimerait pas aborder.

Il ne veut pas abroger les titres historiques. Ce n'est que le report d'un problème qui doit être réglé et qui peut l'être de manière sensée et avantageuse surtout pour le canton. La planification proposée par le gouvernement ne le permet pas.

Il ne veut pas élaborer une loi de reconnaissance comme cela est prévu dans la constitution. Cette position est compréhensible d'un point de vue politique et pour l'instant, elle n'est pas forcément nécessaire. En revanche, il est impératif d'imaginer une politique religieuse active. Au lieu de se retirer passivement des affaires religieuses, le canton devrait soutenir toutes les forces qui s'engagent pour la tolérance, la compréhension et le respect mutuels. Actuellement, aucun moyen n'est mis à disposition pour cela que ce soit sur le plan légal, financier ou en personnel.

Nous suggérons que le Grand Conseil donne le mandat d'élaborer une "loi sur l'encouragement des communautés religieuses d'utilité publique". Ainsi pourraient être soutenus de manière ciblée les activités et les efforts de tous les groupes qui s'engagent pour une cohabitation intelligente, démocratique et harmonieuse. Au lieu de "reconnaître" un certain groupe ou de lui refuser une reconnaissance officielle, l'Etat peut ici soutenir les contributions d'un groupe pour le renforcement du bien-être public de manière très précise et neutre d'un point de vue religieux.

Les intentions du gouvernement ne sont formulées que de manière vague et se limitent à un transfert apparemment anodin des rapports de service de l'Etat à l'Eglise. Le gain que le gouvernement envisage est en revanche très clair: il aimerait élargir sa marge de manoeuvre financière. Cela signifie qu'il voudrait à l'avenir pouvoir encore économiser auprès des Eglises, bien entendu après une période de grâce. Les importants champs d'action dans le présent et dans l'avenir excellemment mis en évidence dans le rapport d'expert Muggli/Marti sont pratiquement ignorés dans le rapport gouvernemental.

Des perspectives intelligentes à long terme - plutôt qu'un nettoyage superficiel et de courte durée


La proposition du gouvernement se présente ainsi comme un changement réalisable à court terme (il ne s'agit en fait que d'une révision de la loi sur les Eglises ayant pour unique objectif le transfert des ecclésiastiques de l'Etat aux Eglises) qui ne semble faire de tort à personne et qui n'apporte d'avantages notables à personne non plus...une sorte de nettoyage superficiel technocratico-structurel.


Or, cette impression est fausse: si le Grand Conseil donne son accord, les ecclésiastiques ne seront plus considérés comme des employés de l'Etat formant ainsi un corps professionnel qui se trouve dans l'obligation d'être au service du bien-être de toute la population bernoise comme c'est le cas depuis 200 ans. Un nouveau chapitre s'ouvre donc dans la relation Etat-Eglises: désormais les ecclésiastiques n'appartiendrons plus qu'à une seule confession et lui seront subordonnés. Les liens institutionnels qui ont fait leur preuve depuis longtemps dans le respect mutuel des compétences des deux partenaires seraient défaits. L'Etat renoncerait à son personnel religieux et ecclésiastique sans aucune nécessité et enverrait ainsi le signal qu'il n'imagine plus assumer à l'avenir une coresponsabilité dans ce domaine (appelé à devenir toujours plus crucial) de la vie sociale. C'est pourquoi il est complètement incompréhensible, justement aujourd'hui, de vouloir se détacher de tous les instruments de politique religieuse au lieu de les renforcer et de les développer.

Dans le rapport du Conseil exécutif, on ne trouve aucune perspective à long terme. Pas un mot sur le rôle que le gouvernement aimerait donner aux églises et aux communautés religieuses afin qu'elles puissent participer activement au bien de la population bernoise dans son entier. Rien non plus sur l'avenir des paroisses; on cherchera en vain une réponse à la question de savoir si une relation "développée" avec les églises nationales peut être encore véritablement substantielle.
Si le gouvernement n'est pas en mesure de présenter une perspective concrète, ce n'est certes pas un signe de clairvoyance. Nous aurions attendu qu'il décrive positivement à quoi la relation Eglise et Etat devrait ressembler au lieu de présenter uniquement ce qu'elle ne doit plus être.

Conclusion et recommandation

"Gouverner, c'est prévoir" - de cette devise, on ne trouve que très peu d'échos dans les directives du Conseil exécutif.

Au contraire, le message est le suivant: maintenant, comme premier pas, nous nous débarrassons des ecclésiastiques et ensuite nous envisagerons la suite (ou nous le laisserons faire à d'autres). Or, cela ne peut pas être une bonne raison d'abandonner une relation éprouvée.

Nous invitons les membres du Grand Conseil à aménager l'avenir de la politique religieuse et ecclésiastique de notre canton de façon plus fondamentale et plus courageuse que le gouvernement.

Cela signifierait :

- Le Grand Conseil se dégage de la vision isolée des rapports de service des ecclésiastiques et prend en compte la signification des Eglises et des religions pour notre communauté aujourd'hui et à l'avenir.

- Le Grand Conseil ajourne les plans de transfert des rapport de service jusqu'à ce que les conséquences en soit claires et que le canton ait mis au point une politique religieuse qui prenne en compte l'ensemble des défis.

- Il élargit la déclaration de planification de la révision de la loi sur les Eglises de sorte que soient également prises en considération la question d'une plus grande flexibilité pour les paroisses en tant que porteuses de la vie de l'Eglise ainsi que celle des compétences des plus hautes autorités ecclésiastiques.

- Il adopte une déclaration de planification qui met en route légalement et institutionnellement une politique religieuse active et au service de toute la population; notamment avec une nouvelle "loi sur l'encouragement des communautés religieuses d'utilité publique".

- Il adopte une déclaration de planification qui implique l'examen des possibilités d'abrogation des titres historiques. Des modèles existent qui prennent en compte à la fois les intérêts légitimes du canton et des Eglises.


Société pastorale Berne Jura Soleure, le comité.
Informations complémentaires: Michaël Graf, président, 079 681 84 02
Philippe Kneubühler, vice-président, 078 616 71 57 (en français)
Martin Leuenberger, vice-président, 033 341 12 35
Bereitgestellt: 16.07.2015     Besuche: 12 Monat