GE: la Compagnie des pasteurs

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Isabelle Graesslé et Kurt Veraguth nous donnent un aperçu des origines de la Compagnie des pasteurs ainsi que de sa pratique actuelle (réd.).
Isabelle Graesslé et Kurt Veraguth
Le 13 septembre 1541, Jean Calvin rentre à Genève après trois années d’exil à Strasbourg. Se présentant dans la foulée au Petit Conseil de la ville, il demande la nomination d’une commission pour rédiger des Ordonnances ecclésiastiques, c’est-à-dire un texte fondamental définissant les structures de l’Eglise de Genève. Elles seront adoptées le 20 novembre de la même année. Dépassant le microcosme genevois, ce texte pourtant très court marque l’un des aspects les plus originaux de toute l’œuvre de Calvin puisqu’il déterminera les rapports entre Eglise et Etat dans de nombreux pays marqués par le modèle genevois.
Ces fameuses Ordonnances définissent non seulement le ministère de l’Eglise sous ses quatre entités – pasteurs, docteurs, anciens et diacres –, mais encore la manière de les nommer. Elles délimitent le rythme des cultes dans la cité, statuent sur les écoles, l’hôpital, les visites aux prisonniers et établissent deux assemblées: le Consistoire où siégeront pasteurs et conseillers, responsable de la surveillance des mœurs et des croyances de la population, et la Compagnie des Pasteurs. Cette dernière jouera un rôle primordial dans la Genève du XVIe siècle.
Grâce aux registres de la Compagnie, dont la présente édition en est à l’année 1618, nous en savons plus sur les activités des pasteurs, entre visites aux paroisses de campagne, lettres de recommandations pour des pasteurs voyageant à l’étranger ou examen des candidats au pastorat.
La discipline pastorale, rappelée par la lecture annuelle du fameux «Règlement des censures», conduit parfois à la destitution de certains éléments perturbateurs et occupe une part importante de leur temps, de même que l’étude de questions de doctrine. Les rapports souvent houleux entre les magistrats de la ville et les ministres (représentés dans les instances législatives et exécutives) nécessiteraient un développement spécial tant les conflits furent violents au moins jusque vers 1555.
Plus prosaïquement, la Compagnie soutient aussi financièrement ses membres dont les salaires s’avèrent très modestes. A sa tête, le modérateur, défini par son fondateur comme «le pasteur des pasteurs», change chaque semaine, voire chaque année. Outre Calvin et Bèze, quelques grandes figures dominent cette société, comme Simon Goulard dont le ministère se déroule aux temps sombres de l’Escalade (1602).
Au XVIIe siècle, les pasteurs prennent une part plus active, plus apaisée aussi dans la vie de la cité d’autant plus qu’au XVIIIe siècle la doctrine calvinienne s’assouplit, la vie s’affranchit des raideurs des commencements. L’influence de la Compagnie se ressent à l’étranger où résonnent les noms des Pictet, Turrettini ou Tronchin. La fin de l’Ancien Régime, au XIXe siècle, voit s’effacer l’influence de la Compagnie des pasteurs dont les droits et les privilèges disparaissent les uns après les autres.

Isabelle Graesslé, théologienne, pasteure, première modératrice de la Compagnie (2001 à 2004).
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Sources: Francis Higman, «Les origines de la Compagnie des Pasteurs de Genève», Bulletin de la Compagnie 1602, 283 (Décembre 1991), p. 277-287.
Albert Olivet, «La Compagnie des Pasteurs de l’Eglise protestante de Genève de 1543 à 1800: esquisse historique», Revue de Théologie et de Philosophie, 3 (1915), p. 114-139.

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La compagnie des pasteurs et des diacres: la vie d’un corps
Le Règlement des censures prévoit dans son article premier: Qu’en l’assemblée de la Compagnie, les pasteurs (les diacres n’en faisaient pas encore partie) se trouvent assidus autant qu’il leur est possible, et aux heures assignées, surtout lorsqu’il y a des convocations. Que les pasteurs des églises éloignées ne restent pas trop de temps sans y venir. Dans sa sagesse, ce texte du XIXe siècle prévoyait une souplesse pour les participants. Par analogie, on pourrait dire aujourd’hui: Que les ministres qui ont une grande charge ne restent pas... En effet, il nous est difficile de nous réunir régulièrement (8x/an) en nombre. Néanmoins, la Compagnie connaît une vie riche.
En ouverture de nos séances, nous laissons une place à la Parole et la prière. Cette dimension nous tient à cœur. D’ailleurs une rencontre mensuelle «Prier en bonne compagnie» est également proposée ainsi qu’une retraite annuelle bien fréquentée de 3 jours.
Puis nos rencontres offrent un espace de parole où la pluralité des convictions s’exprime, où des consensus sont élaborés.
La nouvelle loi sur la laïcité nous a occupés à relire théologiquement le vivre ensemble à Genève. Un groupe réfléchit aux enjeux ecclésiologiques de la gouvernance, un autre s’est penché sur la question: licencier en Eglise.
Le temps fort dans l’année sont nos journées théologiques, cette année autour des thèmes de l’identité ministérielle et des enjeux des nouvelles ritualités.

Kurt Veraguth, pasteur à Genève et membre du comité de la SPS
Autor: Mark Haltmeier     Bereitgestellt: 07.09.2018    
 
aktualisiert mit kirchenweb.ch