L’Eglise réformée évangélique du Valais EREV

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Diverse, modeste par ses moyens et par sa taille, l’EREV marque depuis quelque 150 ans une présence précieuse en Valais.
Susanna I. Kammacher
L’histoire de l’Eglise dans le canton du Valais montre que ce sont uniquement des querelles politiques qui ont empêché la Réforme de s’y établir. Des mouvements dans ce sens ont existé, mais ils n’ont pas abouti. Le Valais demeure ainsi un canton à la tradition catholique bien ancrée.
L’arrivée de croyants d’autres confessions est liée à l’industrialisation. Les grands chantiers des tunnels du Simplon et du Lötschberg ont fait appel à des ingénieurs de cantons réformés et les grandes entreprises industrielles se sont elles aussi développées avec le concours de protestants.
Ces personnes se sont établies en Valais avec leurs familles, et les enfants durent être scolarisés. Toutefois, les écoles largement dominées par l’Eglise catholique laissaient peu de chance à ces petits «païens» et leurs parents étaient peu enclins à les voir éduqués par des religieux. Des écoles réformées furent donc créées, puis les premières paroisses. Genève et Berne, principalement, aidèrent les «frères de la diaspora valaisanne» par l’envoi d’argent et de pasteurs.
Non sans peine, ces petites paroisses formèrent peu à peu une Eglise réformée cantonale qui, le temps aidant, finit pas être reconnue comme Eglise officielle.

Grande diversité
L’Eglise Réformée Evangélique du Valais / Evangelisch-reformierte Kirche des Wallis (EREV / ERKW) compte aujourd’hui 10 paroisses couvrant le vaste territoire qui s’étend du Lac Léman au Grimsel et à la Furka, sans oublier toutes les vallées latérales. Les onze pasteurs et trois diacres du canton se partagent, à des taux d’occupation divers, les paroisses germanophones de Brig, Visp et Loèche, les paroisses francophones de Montana, Sion, Coude du Rhône, Deux-Rives, Monthey et Haut-Lac, et la paroisse bilingue de Sierre.
Les rencontres de la pastorale réunissent ainsi un groupe hétéroclite de personnes de nationalités et de traditions ecclésiastiques les plus diverses, puisqu’issues aussi bien de Suisse alémanique ou romande que de pays de l’Europe ou de l’Afrique noire. La collaboration n’est pas des plus faciles, mais une entente est toujours trouvée.

Œcuménisme
L’EREV étant reconnue officiellement, elle est en principe sur un pied d’égalité avec l’Eglise catholique. Dans les faits, cela n’est pas vraiment le cas: le Valais est un canton catholique, et il est perçu comme tel. Qui dit Eglise, dit évêque, ce qui est parfois dur pour les protestants. La collaboration œcuménique peut s’avérer un travail de Sisyphe et elle est à la merci du bon vouloir du prêtre local. Selon les cas, elle peut être chaleureuse, ou carrément rejetée. Au niveau cantonal également, la résolution des tâches communes est souvent ardue et, comme dans le domaine politique, la diversité linguistique et culturelle ne contribue pas à la faciliter.

Déficit chronique
Le canton du Valais ne connaît pas l’impôt ecclésiastique; ici, ce sont les communes qui versent une contribution aux paroisses des Eglises reconnues, en fonction du nombre de leurs membres. Les nouveaux arrivants se déclarent souvent sans confession, pensant ainsi faire l’économie de l’impôt ecclésiastique, tout en ayant néanmoins recours aux services de l’Eglise. Les paroisses réformées, qui sont les plus touchées par ce phénomène, perdent ainsi un soutien financier indispensable; elles peinent à être informées de nouveaux arrivants protestants et à obtenir ainsi les contributions qui leur reviennent.
Les finances de l’EREV souffrent d’un déséquilibre structurel et les redevances suisses pèsent lourd. Avec des revenus de quelques centaines de milliers de francs, la petite communauté réformée valaisanne doit subvenir à tout ce qui fait d’elle une Eglise. Les écoles réformées sont désormais intégrées dans le système cantonal, de sorte qu’elles ne sont plus à la charge de l’EREV. Il n’en reste pas moins que le budget et les comptes sont un sujet de discussion majeur lors de chaque synode.

Tourisme
Le Valais vit du tourisme et l’EREV s’efforce de s’adapter à ce contexte. Durant la haute saison, des cultes sont ainsi célébrés dans les régions touristiques, dans des chapelles protestantes ou catholiques. Les attentes des touristes sont parfois extravagantes, surtout en ce qui concerne les mariages. Il faut alors faire preuve de diplomatie et être prêt à des concessions sur le plan théologique.
Dans les stations touristiques, retraités et vacanciers participent activement au maintien d’une présence protestante. Une pastorale du tourisme a été créée dans le Haut-Valais avec l’aide financière de paroisses bernoises. A Zermatt et à Verbier, des appartements de vacances sont mis à la disposition de collègues, ce qui permet un échange utile et fort apprécié.
Au quotidien, l’Eglise valaisanne est une Eglise confessante. Elle s’appuie sur les bénévoles, des paroissiens qui tiennent à cette appartenance et qui s’engagent en conséquence. Si cela ne facilite pas toujours la tâche des ministres, celle-ci n’en est que plus intéressante et plus enrichissante!
Autor: Mark Haltmeier     Bereitgestellt: 08.09.2017    
 
aktualisiert mit kirchenweb.ch