Esprit et administration

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De moins en moins d’esprit, de plus en plus de structures. Sur le chantier de la transformation des Eglises réformées, la direction change. La place pour les services consacrés rétrécit: une analyse (auto)critique s’impose et des pistes de solution doivent être trouvées. L’appel s’adresse aux instances dirigeantes de l’Eglise, aux groupes de projet en charge de restructurations, aux facultés et centres de formation théologiques, aux responsables de la gestion et du développement du personnel, mais aussi aux membres des services ordonnés et à leurs organisations.
Werner Näf
Ayons le courage, au milieu du chantier de transformation des Eglises, de poser quelques questions hérétiques, malgré tout le vacarme de ces transformations:
Les pasteurs détruisent-ils leur propre mission avec ce qu’ils font et ce qu’ils représentent?
L’administration qui envahit les Eglises étouffe-t-elle l’Esprit saint?
Le service du personnel centralisé détruit-il le pastorat?
Jusqu’où peut-on tolérer les dégâts commis par des décideurs laïcs relativement peu capables?
La théologie est-elle condamnée, parce que gouverner et économiser devient plus important que prêcher?
L’Eglise est-elle en train de perdre son âme et ne mérite-t-elle rien d’autre que de vieillir et de se réduire comme peau de chagrin? (…)
L’autocritique est une chose; il n’en reste pas moins que le grand chantier de transformation inquiète les pasteurs et les membres des services consacrés, et encloisonne leur mission. Si la mission est certes plus importante que la place accordée aux pasteurs, il est néanmoins juste de se poser la question de la situation de leur poste dans les nouvelles structures. Autrement dit: nos paroisses seront-elles bientôt dirigées par des instances dépourvues de théologie?
Deux questions, principalement, occupent les esprits:
A. Comment la professionnalisation de l’administration modifie-t-elle la gestion de la paroisse?
B. Comment les services consacrés seront-ils dirigés dans les grandes structures et les Eglises cantonales? (…)

Jouets des services RH?
Intégrés dans de grandes structures, les services consacrés deviennent des masses facilement manœuvrables – le risque, tout du moins, existe. Comment les pasteurs seront-ils dirigés? Abordons la question par une réflexion sur le «leadership».

1. Conduire et être conduit
De manière générale, le leadership est un point faible du corps pastoral actuel. D’un côté, des francs-tireurs et des battants qui manquent d’esprit d’équipe, de l’autre, des personnes qui préfèrent se dérober à cette responsabilité. Le plan de formation des pasteurs pour la Suisse alémanique (Kompetenzstrukturmodell) énonce pourtant: «Selon les circonstances, le pasteur est prêt à diriger ou à se faire diriger». Force est de constater qu’un grand potentiel d’amélioration existe dans les deux domaines pour l’ensemble du corps pastoral.
Il est bien plus facile de se laisser conduire lorsque l’instance/la personne qui conduit sait quelle est la mission du pasteur. Qui dirigera les pasteurs dans les futures grandes structures? Sans doute pas les autorités paroissiales, qui se retireront au niveau stratégique.
Le service du personnel jouera un rôle de plus en plus important à mesure que le nombre d’employés augmentera. La tentation sera grande de placer un professionnel des ressources humaines à la tête de la structure et de le laisser diriger le tout. Les services consacrés ont toutefois besoin d’une direction spécialement formée à cet effet. Les pasteurs et les diacres ne sont pas des employés «normaux».

2. Grandes structures: pasteur(e) responsable
Les pasteurs que nous sommes sont appelés à renoncer à leur principe le plus sacré: «inter pares», aucun ministre ne se place au-dessus des autres. Du moment que nous revendiquons une direction adéquate dans les grandes structures, nous devons accepter que l’un d’entre nous prenne une fonction dirigeante allant au-delà de la simple conduite de séances ou de projets. Au sein d’une hiérarchie fonctionnelle et contrôlée, un théologien au bénéfice d’une formation complémentaire idoine devrait être élu pour diriger les services consacrés. Son élection par le collège des pasteurs – éventuellement conjointement avec l’autorité paroissiale – garantirait le nécessaire contrôle démocratique. Dans un tel modèle, le pasteur-responsable est doté de compétences bien définies et travaille de préférence également à temps partiel en paroisse. La fonction du pasteur responsable n’a aucun caractère épiscopal, elle n’a pas de mission spirituelle. Elle construit des ponts entre la théologie et l’administration.
Le monde anglo-saxon connaît depuis longtemps la fonction de «Senior Pastor» ou, mieux, de «Lead Pastor». Depuis quelques années, il existe aussi celle d’«Executive Pastor», avec des tâches légèrement différentes. Pour nos grandes structures et nos Eglises cantonales, nous devons élaborer notre propre cahier des charges pour la fonction de «théologien responsable»: la gestion du personnel des services consacrés, le développement de la paroisse aux plans théologique et spirituel, la promotion de la qualité des services pastoraux, le coaching et la formation continue des membres de l’équipe pastorale. De plus, une excellente intégration au sein de la direction générale sera primordiale.

Direction exécutive des paroisses
Pour gérer les grandes structures, il pourra selon les cas être judicieux de constituer un organe de direction exécutive composé de la présidence de la paroisse, du ou de la théologien(ne) responsable et de la ou du responsable administratif: les trois «forces» principales que sont l’autorité paroissiale, la théologie et les ressources matérielles se retrouveraient à la même table.

Une discussion qui manque
Je m’étonne toujours: comment est-il possible de former des paroisses géantes ou de planifier des conglomérats de paroisses sans qu’une réflexion de principe ne soit menée sur la manière dont seront dirigés les professionnels les plus importants qui les constituent? Ni les responsables des paroisses ni les chefs de projets ne se posent la question (du moins à ma connaissance). Et lorsque les pasteurs interviennent, on les soupçonne d’avoir pour seule motivation la conservation du pouvoir (ce qui n’est peut-être pas toujours entièrement faux?). La section bernoise de la Société pastorale a constitué un groupe de réflexion sur les questions fondamentales qui se posent dans la situation actuelle. Cela existe-t-il ailleurs aussi? Peut-on imaginer des groupes de réflexion mixtes, réunissant les autorités paroissiales, les sociétés pastorales et les chapitres diaconaux?

Pour lire l’article en entier et poursuivre la discussion:
» www.pasteursetdiacres.ch/esprit-et-administration
Autor: Mark Haltmeier     Bereitgestellt: 10.03.2017    
 
aktualisiert mit kirchenweb.ch