«KirchGemeindePlus» – la réforme de l’Eglise dans le canton de Zurich

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Le principal sujet d’actualité dans l’Eglise zurichoise – à part les 500 ans de la Réformation – est le processus de réforme «KirchGemeindePlus». Il ne s’agit pas d’un pur programme d’économies, mais d’une restructuration en profondeur de l’Eglise réformée du canton de Zurich. Il vise plusieurs objectifs.
Corsin Baumann
Selon la volonté du Conseil synodal, cette restructuration deviendra réalité grâce à une réduction drastique du nombre de paroisses. A la place des nombreuses petites et moyennes paroisses, il est prévu d’en constituer environ une douzaine de relativement grande taille. Les paroisses avec un seul ministre et les paroisses villageoises disparaîtront, tandis que des «lieux d’Eglise» régionaux se constitueront aux côtés des paroisses locales, à l’exemple des «fresh expressions» venues d’Angleterre. Le but est de favoriser l’éclosion d’une grande variété d’activités religieuses permettant en particulier d’approcher des personnes de milieux qui doutent de l’Eglise, voire qui n’ont aucun lien avec elle.
En même temps, ce projet table sur le fait que les paroisses d’une certaine taille seraient mieux à même de faire face à des difficultés financières ou à une pénurie de personnel. Les paroisses sont ainsi incitées, avec plus ou moins de ménagement, à fusionner avec leurs voisines ou du moins à chercher d’autres formes de collaborations contractuelles.

Réforme et ministère pastoral
Des projets de réforme aussi radicale nous concernent directement en tant que pasteurs. Ce n’est pas seulement le métier de pasteur au sens du profil professionnel qui est en jeu, mais également la place laissée dans la future Eglise à la théologie et à l’éthique ou – en d’autres termes – à la réflexion intellectuelle menée sur la tradition biblique.
Le comité de la Société pastorale zurichoise a constitué un groupe de travail à ce sujet, dont les travaux ont abouti à dix thèses. Il reconnaît que l’Eglise doit elle aussi s’adapter aux changements sociétaux. La diminution du nombre de paroissiens et les restrictions financières auxquelles il faut s’attendre (l’Eglise zurichoise est fortement dépendante des impôts ecclésiastiques des personnes morales) sont des faits indubitables. Le groupe de travail est en revanche moins convaincu que la solution proposée, à savoir la fusion généralisée des petites et moyennes paroisses en paroisses de grande taille, soit la bonne. Dans les régions rurales à faible densité de population et souvent mal desservies, les inconvénients pourraient dépasser les avantages. La réalisation d’économies financières est également mise en doute. Le point crucial, cependant, est que plus de diversité dans de grandes paroisses s’accompagne nécessairement d’une perte de proximité – sauf peut-être dans des communautés très profilées, où une nouvelle forme de proximité pourrait naître. Il convient donc d’examiner avec soin quelle valeur on veut privilégier, la diversité ou la proximité. Et de se demander s’il doit vraiment n’y avoir qu’une seule forme de collaboration possible pour tout le canton.
Il demeure en revanche incontesté que les très petites paroisses (je pense ici à celles qui ont moins de mille membres) devront probablement pour la plupart renoncer à leur indépendance, non seulement pour des raisons financières, mais également par solidarité envers les grandes paroisses urbaines.

Identité réformée
Un des enjeux majeurs, aux yeux de la Société pastorale, est que l’Eglise réformée ne se résume pas à la fonction de fournisseur professionnel de prestations sociales et spirituelles. Si l’Eglise réformée veut rester fidèle à elle-même, une réflexion intellectuelle sur la révélation biblique et la tradition, réflexion fondée sur différentes disciplines scientifiques, restant aussi autocritique, de même qu’une fonction de veilleur critique et solidaire de la société doivent rester pour elle au centre de ses préoccupations. Nous comprenons et estimons notre Eglise justement parce qu’elle s’appuie sur l’Ecriture tout en nous exhortant à penser par nous-mêmes. Il ne faut pas surestimer l’importance des impératifs de gestion de l’Eglise selon des critères économiques, d’administration professionnelle et d’innovations visant à répondre aux besoins actuels.
Autor: Mark Haltmeier     Bereitgestellt: 09.03.2017    
 
aktualisiert mit kirchenweb.ch