Et si les chrétien-ne-s pouvaient se rapprocher ! «Karlsruhe» peut aider

IP-1-2022-Martin-Hauser (Foto: Mark Haltmeier)

Le soupir de Martin Hauser sur l’arrière-fond de ses expériences en Europe de l’Est et de l’Ouest.
Martin Hauser
Commentaires sur des expériences européennes
La période de la «guerre froide» était curieusement une bonne période pour l’œcuménisme. Il y avait heureusement un éveil dans les Eglises, autant à l’Ouest qu’à l’Est, qui reflétait la volonté de ne pas se laisser diviser malgré la situation mondiale. Bien des chrétien-ne-s, individuellement, mais aussi en groupes, paroisses et œuvres (EPER), bien des Eglises, ainsi que des organisations internationales comme la CEE et le COE, ont œuvré dans ce sens. Souvent, l’enthousiasme était bien présent!
Pour rappel, donnons quelques exemples significatifs avec une forte référence à la Suisse pour:
- les actions des étudiant-e-s de l’Université de Neuchâtel, guidées par le pasteur Francis Gerber et soutenues par l’EPER, en faveur du contact avec les Eglises de Roumanie dans les années 70. Les étudiant-e-s n’ont pas craint de s’y rendre physiquement et d’y apporter bien des choses utiles, tout en recevant des dons et des expériences inoubliables en retour.
- la Communauté de Grandchamp (NE), membre de l’EREN, d’origine et d’orientation profondément œcuméniques, a le grand mérite d’avoir entrepris des échanges avec les moniales orthodoxes des monastères en Moldavie roumaine pendant les années du communisme. Cela a conduit à une belle compréhension théologique, liturgique et humaine, malgré et peut-être à cause des barrières politiques insensées.
- dans le cadre de mon ministère pastoral, avec l’aide de mon épouse, j’ai organisé des échanges paroissiaux avec les Eglises sœurs en Hongrie, dans les années 80.
- c’est aussi dans toute la période du «rideau de fer» que les grandes organisations d’Eglises comme la CEE et le COE, basées à Genève, ont pu travailler, parfois difficilement, mais avec des résultats théologiquement, spirituellement et politiquement remarquables! Ainsi, ces organisations ont contribué à la prise de conscience liée au «soupir de la création», à sa sauvegarde et aux divisions sociales, économiques et politiques. En même temps, elles voulaient promouvoir l’unité des Eglises dans la communion eucharistique. - Elles n’ont pas toujours réussi jusqu’au bout (cf. le fameux document BEM!); mais par tous ces efforts, elles ont laissé des fondements solides! Elles ont aussi su associer l’Eglise catholique romaine, qui n’est pas membre à part entière de leurs activités. Le goût de l’unité et de la communion eucharistique est toujours présent chez beaucoup de personnes engagées dans une foi fondamentalement christocentrique. Si la «guerre froide» de cette époque a trouvé une fin en grande partie pacifique (si nous faisons abstraction de l’ex-Yougoslavie), c’est certainement aussi grâce aux Eglises ainsi qu’aux organisations susmentionnées: ce sont elles qui ont facilité les contacts malgré la politique hostile des deux blocs militaires.

A présent
Nous devons malheureusement observer que la fin de la «guerre froide» a - à partir des années 90 définitivement - marqué un recul de contacts approfondis entre les Eglises, de plusieurs manières. Ainsi, certaines Eglises orthodoxes ont même - au moins temporairement - suspendu leur participation au COE. Depuis lors, nous assistons, à bien des endroits, à des reconfessionnalisations (et aussi à l’émergence de nationalismes souvent très questionnables). Souvent, il y a aussi un affaiblissement numérique des Eglises qui ne fait qu’accentuer leur focalisation unilatérale sur elles-mêmes.
La globalisation qui a largement fait son chemin depuis une trentaine d’années, n’a rien arrangé non plus! Elle va de pair avec un affaiblissement de l’enracinement local et donc une grande individualisation, voire un isolement des personnes. Les Eglises en souffrent directement, ce qui leur enlève le goût et l’énergie de s’ouvrir aux autres. Cela ne sert nullement l’œcuménisme tel qu’il a été compris et vécu au XXe siècle.
La 11e Assemblée plénière du COE, qui devra se tenir à Karlsruhe (D), près de la Suisse, en cette année 2022, est supposée rapprocher les chrétien-ne-s du monde aujourd’hui. Or, le passé avec ses réussites et l’actualité avec ses difficultés devraient être bien intégrés dans la démarche de cette assemblée, afin de donner une impulsion positive aux relations œcuméniques existantes ou à établir.
L’EERS est appelée à participer à cet événement.
Espérons que la SPS pourra rejoindre l’EERS et contribuer également à «Karlsruhe»! Nous, pasteur-e-s et diacres, essayons de soutenir notre Eglise et les chrétien-ne-s dans leurs mouvements envers les autres chrétien-ne-s et personnes humaines au près ou au loin. Et, «Karlsruhe» peut aussi être une occasion pour nous, les ministres, d’être enrichi-e-s par les chrétien-ne-s et ministres d’autres Eglises.
Bereitgestellt: 11.03.2022     Besuche: 75 Monat
 
aktualisiert mit kirchenweb.ch