En marche!

IP-4-2021-Agnes-Thuegaz (Foto: Mark Haltmeier)

La traduction des béatitudes de Chouraqui met l’accent sur l’aspect dynamique du bonheur d’être enfant de Dieu à la suite du Christ. C’est un appel à un constant déplacement, en soi et autour de soi. Etre ministre de la Parole n’est possible qu’au prix d’une écoute active qui met en mouvement.
Agnès Thuégaz
Quelle théologie actualisée des ministères? En randonnée comme dans la vie, il existe une infinie variété de terrains, de parcours, de rythmes. L’attention, la souplesse et la persévérance sont des qualités précieuses pour aller de l’avant. Les études et la formation continue constituent une chance de mesurer combien la routine chronophage, les certitudes, le découragement sont des ennemis de la marche. Il est essentiel chaque matin de se préparer et d’oser se mettre en route, dans la conscience de soi, de ses charismes et de ses fragilités, humblement et avec la soif de découvrir. S’alléger, se libérer, se rendre disponible; avoir l’équipement nécessaire, ni plus ni moins.

Un réseau de personnes en marche
Quelle ecclésiologie pour aujourd’hui? La communauté est faite de mouvements. Etre Eglise ensemble, c’est prendre le temps de nous arrêter ponctuellement pour prier, nous mettre à l’écoute de la Parole, partager, rire et pleurer. Avant de repartir et de rejoindre nos réalités respectives pour y apporter notre témoignage.
En tant que ministre, l’aller-retour est vital, entre des temps de recul, de silence et de solitude et des temps de rencontre. Cette respiration permet de rester à la fois centré/e et perméable. L’Eglise, visible et invisible, est comme un réseau dans lequel se déplacer, avec la mission de créer des liens, de visibiliser la communion, de susciter, encourager et laisser vivre dans la confiance. Une communauté vivante se fonde sur un fonctionnement horizontal et participatif où le ministre est un trait d’union.

Le Christ pour horizon
Le fait de sortir, de quitter l’entre-soi pour parcourir les chemins peut être inconfortable. Et pourtant, Jésus a vécu son ministère en itinérance! Il est temps d’oser des modèles variés, la complémentarité, de s’engager pour des missions courtes, de favoriser les échanges. L’apprentissage de la simplicité permet de garder ce qui est fondamental, une présence qui soit signe, le cœur à cœur avec Dieu, la rencontre humble et incarnée de l’autre, dans sa réalité.
«Il vous précède en Galilée» (Marc 16, 7). Le Christ nous attend là où il a marché, prêché, guéri. Sa mort et sa résurrection éclairent d’une manière radicalement nouvelle son ministère. Nous sommes appelés à vivre du don de la Vie, ici et maintenant, en demeurant dans l’espérance pour ce qui n’est pas encore achevé. Au détour du chemin, nous risquons de découvrir la misère, la détresse, le désespoir. Ailleurs, nous participerons à la fête, au festin, dans la joie. Partout, Il sera déjà là.
Bereitgestellt: 19.11.2021    
 
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