Echos des Assises

images interpares (Foto: Mark Haltmeier)
images interpares (Foto: Mark Haltmeier)
«L’action de l’Eglise dans une société d‘abondance»: c'est sous ce titre qu'ont eu lieu, le 16 janvier 2012 à Bienne, les dernières Assises de la Société Pastorale Suisse (SPS). Evocation.
Pfr. Dr. Bernhard Rothen
Après celles de Bâle, il y a trois ans, consacrées à la vocation et à l’ordination, les Assises 2012 ont été dédiées à notre engagement professionnel sous l’horizon de l’espérance du Royaume de Dieu. 120 collègues des différentes sections cantonales ont répondu à l’invitation du comité à renforcer nos liens de solidarité professionnelle par une rencontre dépassant les liens administratifs et idéels. Tant dans les temps de culte que dans la réflexion commune sur les données bibliques et historiques, dans les moments conviviaux des pauses et des repas ainsi que lors des conversations brèves ou longues, la base commune et les buts qui nous lient étaient concrètement sensibles. Au début, la louange commune de la bonté de Dieu rassembla les collègues et la bénédiction finale d’un psaume les raccompagna à leurs tâches quotidiennes. Entretemps, Gerd Theissen retraça la prédication du Règne de Dieu par Jésus telle que les spécialistes du Nouveau Testament la reconstitue, et Barbara Hallensleben lança le défi de sa thèse comme quoi la société d’abondance moderne est l’héritière de la tentative absolutiste d’assurer la paix en refoulant les questions dérangeantes de la foi dans le domaine du privé. Theissen démontra que le Règne de Dieu se trouve sans aucun doute au cœur de la prédication de Jésus et que ce Règne de Dieu se réalise dans un monothéisme radical: «C’est Dieu qui règne, et non les démons ou Mammon.» A la fin, l'orateur changea de genre et conclut ses analyses par deux méditations qui remplacèrent ses réflexions critiques par une sorte de confession personnelle, poétique et liturgique. Hallensleben, elle, invita d’abord à une méditation sur une image du Christ – pour constater cependant d’emblée que ce «Christ» était en fait le Léviathan de Hobbes qui attend de l’Etat moderne que celui-ci établisse la paix dans le monde. A l’exemple d’Albert Schweitzer, elle montra que dans l’horizon fermé du monde, il n’est pas pensable que Jésus, en tant que vrai homme et vrai Dieu, réalise et représente le Règne de Dieu, et comment le théologien doit recourir à une volonté héroïque de puissance s’il veut rester scientifiquement honnête et s’engager authentiquement pour l’amour du prochain. Schweitzer suit ainsi, transposé dans le domaine messianique, un parcours semblable à celui qui mena Nietzsche à l‘Antéchrist. Cela faisait beaucoup de matière à discussion pour les groupes de l’après-midi. Très consciemment, on renonça à une synthèse de ces discussions ainsi qu’à une discussion finale. Le site internet de la SPS pourrait accueillir une telle discussion. D’une manière ou d’une autre, les Assises ont voulu poursuivre une analyse théologique de notre contexte professionnel actuel afin de sortir d’une attitude purement défensive de conservation de l’institution ecclésiastique et d’analyser ouvertement, et de façon critique, notre monde moderne et postmoderne – dans la confiance de ce que l’annonce du Règne de Dieu appelle à une telle ouverture et peut répondre aux exigences que celle-ci pose.

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